DIS- MOI QUOI FAIRE ?
Nous arrivons tous, à un moment de notre vie, à cette question.
Cet instant où l’on s’arrête et ou l’on se demande:
Que dois-je faire?
Qu’est-ce que j’aurais dú faire et ce que je n’ai pas fait?
À quel moment de ma vie ai-je pris un chemin que je n’aurais pas dú emprunter?
Peut-étre avons-nous connu l’échec à plusieurs reprises.
Même en ayant donné tout ce qui était en notre pouvoir
Le résultat n’a pas été celui que nous attendions.
Et c’est précisément là. À l’extrémité de nos forces et de nos efforts
Que surgit cette question: que dois-je faire?
Cette question n’appartient à personne en particulier.
Que nous soyons en bonne santé ou nés avec une difficulté,
Que nous vivions dans un pays stable et moderne
Ou dans une région marquée par la guerre,
Que nous ayons tout ou que nous n’ayons rien,
Elle finit toujours par nous atteindre.
«que dois-je faire» se pose souvent au sommet du désespoir.
Lorsque la fatigue s’installe,
Lorsque l’espoir s’effrite,
Lorsque les chemins se confondent
Et que l’avenir devient incertain.
Alors, nous nous tournons vers nos croyances,
Vers cette foi qui devient parfois notre dernier refuge,
Et nous murmurons – ou nous crions:
Mon dieu… Que dois-je faire?
La réponse n’est peut-étre pas toujours un miracle.
Elle peut étre une voix discrête qui dit: continue.
Ou simplement: tiens bon aujourd’hui,
Ou encore: recommence, même si c’est pour la millieme fois.
Peut-étre que poser cette question signifie
Que nous ne nous sommes pas encore résignés.
Que l’espoir, aussi fragile soit-il, est toujours vivant.
Que nous croyons encore au changement.
Et peut-étre que la réponse ultime est celle-ci:
Continuer ce qui t’a permis de rester debout jusqu’à aujourd’hui
Avec la peur, avec la fatigue, avec les cicatrices,
Mais avec la certitude
Que cette question n’est pas la fin du chemin,
Elle est le commencement de la compréhension de soi.
Rien
« rien » est un mot simple, mais profondément riche dans la langue et la culture persanes. dans le langage courant des peuples d’afghanistan et d’iran, « rien » peut signifier l’absence, le manque ou parfois ce qui est sans valeur ; mais dans la mystique persane, il possède une signification bien plus profonde.
dans la vision mystique, « devenir rien » signifie se libérer du « moi ». lorsque l’être humain se dépouille de l’égoïsme, de l’orgueil, de l’attachement et de la prétention de savoir, il atteint le « rien » ; et c’est précisément dans ce vide que peut naître un espace pour la présence de la vérité et de dieu.
le mystique dit : tant que le « moi » occupe toute la place, la vérité ne peut se révéler. « devenir rien » ne signifie pas disparaître ; c’est plutôt se vider de tout ce qui n’est pas l’essentiel. peut-être est-ce là le secret de la beauté de ce mot : lorsque l’être humain prend conscience de son propre néant, il commence à mieux percevoir la grandeur de l’existence.
« rien », dans ce sens, n’est pas une fin ; c’est le commencement de la vision.